16 février 2009

Je vous souhaire de mourir

3e et dernier texte écrit pour l'Imajuscule, revue littéraire de mon programme.

Le sombre
Me leurre.
Un soir
Si noir
Et voir
Mon ombre.
S’encombrent
Les pleurs
En fleurs.

Les gorgées
Continuent :
Dépenser
À panser
Ses pensées –
Tout changer
Ce que j’ai
Su, connu
Et fuir, nu.

Le ciel fripé
Donne naissance
À ce moment.
Du firmament,
Un tremblement
Vient me frapper,
Vient me happer,
Dans tous les sens
De tout l’essence.

Dans la nuit, des êtres
Se profilent au loin.
Ils sont étranges, et,
En les voyant, j’ai
L’envie dérangée
D’enfin vivre, d’être.
J’ouvre ma fenêtre,
M’assois dans un coin,
Espérant leurs soins.

Ils arrivent, se posent
Avec une douceur
Surprenante. Curieux,
Je regarde les yeux
Qui me fixent, radieux.
Sur leurs têtes s’imposent
Deux cornes qui s’opposent,
Mais c’est leurs ailes sœurs
Qui cachent ma noirceur.

Des mots semblent provenir
D’un écho éloigné : « Homme,
Cessez cette voix qui hante
Votre cœur et qui arpente
Vos pensées. Elle est parente
Avec le pire avenir
Qui laisse des souvenirs
Amers. Depuis longtemps, comme
Elle vous traîne et vous somme! »

Je suis un peu surpris que ces
Créatures puissent parler.
Je me demande si vraiment
Elles sont, ou suis-je dément?
Est-ce que mon esprit me ment?
Et puis, comment ont-elles accès
À mes idées noires? J’essaie
De saisir, de me démêler,
D’éviter d’être obnubilé.

Des rayons entrent dans la pièce :
Le disque lunaire illumine
L’anatomie des étrangers;
Je leur souris enfin car j’ai
L’impression d’être plus léger,
Et mon âme, hier encore en pièces,
Est cette nuit en pure liesse.
Mon visage, qu’ils examinent,
Affiche une meilleure mine.

Je voudrais que tout s’arrange,
Taire en moi la voix formée
De mon mal, de mes blessures.
J’entends une créature
Qui, faiblement, me murmure :
« Vous devez, pour que tout change,
Avouer ce qui vous dérange.
Cessez de vous refermer
Et, allez-y, exprimez! »

Dévoiler mon secret,
Baisser enfin ma garde.
« Je ne suis pas ravi
De suivre cette vie.
Je n’en ai pas envie.
Ce moule, oh! Il me fait,
Mais pourtant, je le hais! »
Je l’ai dit. Je regarde
Devant moi cette harde.

Je comprends soudain
Pourquoi elle est là.
Cet échange m’a
Sorti du coma
Éveillé de ma
Vie sans but. Demain,
Un nouveau chemin :
J’irai au-delà
De tous ces gens-là.

Mes pensées dansent.
Je leur marmonne
Que j’ai saisi,
Que j’ai choisi
Ma fantaisie.
Dans un silence
Triste, ils s’élancent.
Je leur pardonne.
Un son résonne :

« Soit ton Dieu. »
Dernier vers,
Dit sans fard.
Le départ.
Mon regard
Suit leurs yeux
Dans les cieux,
À travers
L’univers.

Aucune
Poussière.
Les pleurs
En fleurs
Se meurent.
La lune
Lance une
Dernière
Lumière.

2 commentaires:

P-O a dit…

Vraiment beau, je dirais aussi bon sinon meilleur que tous les poètes qu'on a pu lire dans nos cours de français!

Lâche pas l'écriture!

Vincent a dit…

Reste plus qu'à faire un film avec ça!